Le Projet Mr. Nice

En 2010, la galerie RedHouse Originals à Harrogate, dans le nord de l’Angleterre, a demandé à différents artistes, dont Goldie, Terry Cryer et Nick Reynolds, de faire le portrait du légendaire trafiquant de drogues, Howard Marks, mieux connu sous le surnom de Mr. Nice (M. Gentil). C’est ainsi qu’est né le Projet Mr. Nice dans le cadre duquel une série exclusive de portraits a été présentée au public au mois d’octobre de la même année. À l’occasion du Cannabis Culture Awards 2014 qui s’est tenu au Hash Marihuana & Hemp Museum d’Amsterdam, ce portrait a été acheté par le musée en l’honneur, et à la grande surprise, de Howard Marks qui avait remporté un des prix.  

Qui est-ce Mr Nice?

Mais qui est Mr. Nice exactement ? Plusieurs connaissent Howard Marks comme étant le trafiquant de cannabis le plus notoire de l’Europe. Dans le milieu des années 80, Marks possédaient 43 alter ego, 89 lignes téléphoniques et 25 entreprises dispersées en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Australie. Il avait des contacts avec des organisations tels que le M16 du Royaume-Uni, la CIA des Etats-Unis et la mafia. Au sommet de sa carrière, grâce à son réseau, il parvenait à trafiquer 30 tonnes de haschisch par expédition, sans avoir recours à aucune violence. À l’issue d’une chasse à l’homme internationale initiée par la Drug Enforcement Administration (DEA), il a été arrêté et condamné à 25 ans d’emprisonnement. En 1995, après avoir purgé sept ans de sa sentence, on lui a accordé une libération conditionnelle pour bonne conduite. Son autobiographie parue en 1996, Mr. Nice, est instantanément devenue un bestseller qui a été adapté au cinéma en 2010 dans un film mettant en vedette Rhys Ifans et Chloë Sevigny. Howard Marks était un fervent défenseur de la légalisation du cannabis jusqu’à sa mort, en 2016.

Papiers à cigarette Rizla

Clifford Price (Bristol, 1965), Goldie de son nom d’artiste, dit avoir complété son portrait de Howard Marks en 12 heures et quelques minutes. Au dos de la toile figurent les signatures de Goldie et de Mr. Nice. Le texte en arrière-fond du portrait est tiré de l’autobiographie de Howard Marks, et des paquets de papiers à cigarette Rizla en ornent le pourtour.

Goldie

Goldie est reconnu pour son apport innovateur à la musique de genres jungle et drum and bass, mais il a également acquis une notoriété mondiale en tant que graffeur. Son portrait est un exemple parfait de graffiti en tant que forme artistique. C’est au début des années 70 que le graffiti artistique connaît une popularité grandissante. À New York, où cette forme artistique est née, les rames de métro et les murs d’espaces publics en étaient recouverts. Keith Haring, Lee Quiñones et Lin Felton étaient d’éminents représentants de la scène émergente du graffiti. Leur contribution a permis de révolutionner le monde artistique, non seulement en matière de style, mais aussi parce que leurs graffitis transmettaient des messages politiques.  

Le portrait de Mr. Nice qu’a exécuté Goldie est exposé à Amsterdam, accompagnant la carte d’identité de prison de Howard Marks qui faisait déjà partie de la collection du Hash Marihuana & Hemp Museum.

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De nombreuses présentations de nos musées évoquent l’aspect culturel de l’usage du cannabis. Pipes et accessoires du monde entier pour fumeurs illustrent comment des cultures différentes se sont imprégnées de la marijuana et du haschisch.